Les édulcorants sont-il un danger ? 1


 

 

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Les édulcorants sont des additifs alimentaires ayant un goût sucré. Ils sont de plus en plus utilisés dans les aliments industriels pour remplacer le sucre « classique » (saccharose). La raison est simple : ils sont beaucoup moins caloriques que le sucre.

Sur le papier, les édulcorants ont un rôle parfait.

Mais qu’en est-il en réalité ? Peut-on vraiment consommer ces produits édulcorés en sucre la bouche ouverte et les yeux fermés ?

Et bien, je vous décortique tout ça dans cet article.

Let’s go !

 

 

Deux types d’édulcorants

 

Il faut tout d’abord distinguer 2 types d’édulcorants :

  • Les édulcorants à charge (hypocaloriques)

Ils sont 2 fois moins caloriques que le sucre (2 kcal/g contre 4 kcal/g) avec un pouvoir sucrant proche du sucre (entre 0,5 et 1 fois celui du sucre).

Vous trouvez notamment le sorbitol (E420), l’isomalt (E953), le mannitol (E421), le maltitol (E965), le lactitol (E966), le xylitol (E967) …

 

  • Les édulcorants intenses

Leur pouvoir sucrant est très important (100 à 700 fois celui du sucre !). Ce fort taux implique une utilisation minime dans les produits alimentaires, ce qui lui confère un apport calorique très faible.

Voici les principaux, dont certains très connus : l’aspartame (E951), l’acésulfame (E950), la saccharine (E954), les cyclamates (E952), la thaumatine (E957), la neohespéridine (E959), le sucralose (E955) …

 

Une histoire de marketing

 

On ne compte plus les paquets de gâteaux, les bonbons ou les sodas avec la mention “sans sucre” affichée fièrement sur le produit.

Pour mieux vous rendre compte, les stars des édulcorants que sont l’aspartame et le sucralose entrent dans la composition d’environ 10 000 produits alimentaires. C’est pour vous dire l’engouement et surtout le business énorme derrière ces additifs.

Un produit sucré sans les inconvénients du sucre ? Vous vous dites certainement que c’est super.

Et bien c’est exactement sur ce point que les industriels insistent dans leurs campagnes publicitaires. Ils “oublient” d’aborder les effets moins louables sur l’organisme.

Pire, des études financées par ces mêmes industriels vont s’acharner à prouver que ces édulcorants artificiels n’ont pas d’incidence sur la glycémie et la prise de poids, et donc le diabète. Pas d’effet négatif non plus sur l’email des dents, évitant ainsi les caries.

Dans les faits, tout n’est évidemment pas si rose. Il existe des parts d’ombres que nombreux ne souhaitent éclairer de peur de tuer la poule aux oeufs d’or…

 

Les édulcorants et l’obésité

 

A première vue, les édulcorants (nous parlons du type “intense”) permettent de ne pas prendre de gras pour les personnes qui décident de la substituer au sucre. C’est ce que révèle une étude américaine qui a suivi 41 personnes obèses, sur 10 semaines. Ceux qui prenaient du sucre « classique » ont pris du poids, contrairement à ceux consommant les édulcorants. (1).

Seulement, en étudiant le phénomène sur un nombre plus grands de sujets, et sur une période plus longue, l’enthousiasme s’envole très vite.

En effet, de nombreuses études s’accordent à dire qu’une prise régulière d’édulcorants augmente sensiblement l’apport en calories et donc une prise de poids significative !

C’est le cas de l’étude faite entre 1991 et 1999 portant sur 51603 femmes. (2)

Consommés régulièrement, les édulcorants augmenteraient sérieusement le risque d’obésité.

 

Les édulcorants et le diabète

 

Quand on parle d’obésité, le diabète (de type 2) n’est jamais trop loin, même s’il ne touche pas forcement que des personnes de fortes corpulences. Disons que le surpoids ou l’obésité augmente ses risques.

Or, il a bien été démontré que la consommation d’édulcorant augmenterait les risques de diabète.

C’est ce que nous constatons dans une étude réalisée entre 2000 et 2008 sur 6814 personnes âgées entre 45 et 84 ans. Il en ressort qu’en consommant au moins un soda “light” par jour, le risque de déclencher un diabète de type 2 s’élève à 67% ! (3)

A noter également qu’une modification de la flore intestinale (microbiote) a été constatée sur des souris ayant reçu de l’aspartame, générant une résistance à l’insuline et une intolérance au glucose. (4)

Cela pourrait expliquer en partie le risque élevé de diabète.

 

Les édulcorants et le système nerveux

 

Un effet sur le cerveau et son fonctionnement ont été relevé, ce qui, là aussi, pourrait expliquer en partie le risque d’obésité et de diabète.

En effet, lorsque nous consommons du sucre “classique”, des signaux sont envoyés au système nerveux central donnant naissance à un sentiment de récompense. Une fois cette sensation acquise, le corps demande à réduire pendant un temps la consommation de produits sucrés.

Avec les édulcorants, cette sensation de récompense ne se déclenche qu’à un seuil très élevé. Ainsi, les gardes fous qui limitaient la prise de sucre ne jouent plus leur rôle, et la consommation de produits sucrés peut se faire pratiquement sans limite. (5)

De plus, des travaux ont montré que certains édulcorants (notamment l’acésulfame) parviendraient à réduire la sensibilité aux signaux de satiété. En bref, vous avez encore faim !

 

Et le cancer ?

 

Les données actuellement disponibles ne sont pas complètement exploitables en l’état à causes d’études contradictoires

Il est toutefois utile de noter que plusieurs grosses études couvrant ensemble près de 600000 personnes ont mis en avant qu’une consommation prolongée d’édulcorants aurait, entre autres, une influence sur la survenue des cancers du larynx (à cause notamment de la saccharine), les cancers urinaires, les leucémies (notamment l’aspartame). (6).

 

 

La consommation d’édulcorants s’est très largement démocratisée ces dernières années sans que nous sachions vraiment si ces produits sont dangereux.

Les industriels ont compris que le « sans sucre » était l’avenir et se sont mis à développer et vendre tous ces « faux-sucres ».

De nombreuses études ont depuis fleuri et mis en évidence des risques sur l’obésité et le diabète. Toutefois, les mécanismes en cause n’ont pas été clairement démontrés. C’est ce qui permet de laisser un sursis à ces additifs chimiques.

Dans le doute, et cela même si une tendance se dessine, je déconseille de consommer des produits à base d’édulcorants. Préférez des sucres naturels (miel, sirop d’agave…).

Et puis quand on voit le type de produits concernés, entre nous, ce n’est pas une grande perte pour notre santé (plats industriels préparés, gâteaux, sodas etc.).

En les préparant vous-même, vous restez maître de ce que vous mangez et arrêtez de subir le dictât des groupes agro-alimentaires.

Coachez-vous bien !

 

 

(1) Raben A, Vasilaras TH, Møller AC et al. Sucrose compared with artifi cial sweeteners: different effects on ad libitum food intake and body weight after 10 wk of supplementation in overweight subjects. Am J Clin Nutr. 2002;76(4):721-9.
(2) Schulze MB, Manson JE, Ludwig DS et al. Sugarsweetened beverages, weight gain, and incidence of type 2 diabetes in young and middle-aged women. JAMA. 2004;292(8):927-34.
(3) Nettleton JA, Lutsey PL, Wang Y et al. Diet soda intake and risk of incident metabolic syndrome and type 2 diabetes in the Multiethnic study of atherosclerosis (MESA). Diabetes Care. 2009;32(4):688-94.
(4) Korem T, Zeevi D et al. Artifi cial sweeteners induce glucose intolerance by altering the gut microbiota. Nature. 2014;514(7521):181-6.
(5) Burke MV, Small DM. Physiological mechanisms by which non-nutritive sweeteners may impact body weight and metabolism. Physiol Behav. 2015;152(Pt B):381-8.
(6) Mishra A, Ahmed K, Froghi S et al. Systematic review of the relationship between artificial sweetener consumption and cancer in humans: analysis of 599,741 participants. Int J Clin Pract. 2015;69(12):1418-26.

 

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